Cabinet conventionné secteur 1 · Agrément de dissuasion n° A-VIL-1971 · Ordre des Médecins Fatigués mais Présents

Cabinet du Dr Villard — Publication scientifique

La Doctrine du Jeudi

Étude longitudinale d'un remède universel, par le seul praticien qui l'ait jamais prescrit.

Prochaine fenêtre thérapeutique

calcul en cours…

Résumé

De l'efficacité du report au jeudi
dans la prise en charge du petit truc bizarre

A. VILLARD1

1 Cabinet médical, La Buisse (38500). Aucun conflit d'intérêt, aucun financement, aucun comité de lecture, aucune relecture.

Contexte. Le report d'une consultation au jeudi est prescrit quotidiennement au cabinet de La Buisse depuis une durée que l'auteur situe « entre trente et quarante ans ».

Méthode. Observation non randomisée, non contrôlée, non consignée, de l'ensemble des patients auxquels il a été dit d'attendre jeudi.

Résultats. Dans la très grande majorité des cas, le symptôme avait disparu avant jeudi. Dans les autres, le patient est revenu le jeudi, ce qui valide la méthode par un autre chemin.

Conclusion. Jeudi fonctionne. L'auteur ignore pourquoi et déclare ne pas souhaiter le savoir, « des fois que ça s'arrête ».

Discussion

Pourquoi jeudi, et pas un autre jour ?

Plusieurs hypothèses concurrentes ont été avancées. Aucune n'a été tranchée, l'auteur ayant refusé de participer aux travaux.

Hypothèse A

L'hypothèse pharmacologique

Jeudi posséderait des propriétés thérapeutiques intrinsèques. Cette hypothèse a l'élégance d'expliquer les résultats et le défaut d'être manifestement fausse.

Statut : écartée

Hypothèse B

L'hypothèse du délai

Ce ne serait pas jeudi qui soigne, mais les trois jours qui le précèdent — durée moyenne d'une affection bénigne livrée à elle-même.

Statut : probable

Hypothèse C

L'hypothèse de la dissuasion

« Attendez jeudi » serait une manière polie de dire « ce n'est rien ». Le patient l'entend, comprend, et ne revient pas.

Statut : probable

Hypothèse D

L'hypothèse du potager

Le Docteur aurait autre chose à faire le mardi et le mercredi. Cette hypothèse, soulevée par son épouse, n'a jamais reçu de réponse officielle.

Statut : non commentée

Annexe I

Table de Conversion Jour → Jeudi

À l'usage des patients souhaitant calculer eux-mêmes leur délai thérapeutique, sans déranger personne.

Vous consultez unDélai avant jeudiInterprétation clinique
Lundi3 joursDélai idéal. C'est le jour où la doctrine donne son plein rendement.
Mardi2 joursCorrect. Le Docteur ajoutera « vous voyez, ça vous laisse le temps ».
Mercredi1 jourLimite basse. Peut être requalifié en « attendez jeudi prochain ».
Jeudi0 jourCas singulier. Voir Annexe II, « Le Paradoxe du Jeudi ».
Vendredi6 joursLe plus long délai possible. Évitez de tomber malade le vendredi.
Samedi5 joursVous le croiserez au marché avant. Cela compte comme une consultation.
Dimanche4 joursSi c'est grave le dimanche, ce n'est plus un cas pour jeudi. Voir le 15.

Annexe II

Le Paradoxe du Jeudi

Problème ouvert

Que se passe-t-il lorsqu'un patient consulte un jeudi et se voit prescrire d'attendre jeudi ?

Trois écoles s'affrontent. La première soutient que le patient doit attendre le jeudi suivant, soit sept jours — ce qui fait du jeudi le pire jour pour consulter, alors qu'il est présenté comme le meilleur.

La deuxième soutient que la prescription est immédiatement satisfaite, le patient étant déjà jeudi, et qu'il doit donc être soigné sur-le-champ.

La troisième, majoritaire au cabinet, soutient qu'il ne faut pas poser la question au Docteur parce qu'il répondra « ah bah alors c'est bon » et passera au patient suivant.

« Je n'ai jamais dit que jeudi soignait.
J'ai dit d'attendre jeudi. Ce n'est pas pareil,
et c'est toute la médecine générale. »

— Dr A. Villard, interrogé sur sa méthode